News / Ultrafast Oyapock - Guyane 2018

Ultrafast Oyapock – Jour 14 – Un lundi matin sur l’Oyapock

Un lundi matin sur l’Oyapock, par Olivier Meissel

N’était-ce l’étiquette « Guyane » qui pendouille de mon parapluie, on pourrait se croire en balade sur une quelconque rivière de France. Le vert en plus. Toutes les nuances de vert.
L’alignement d’ombrelles qui me fait face n’arrange rien à l’affaire, si elles n’abritaient pas du soleil ces gueules mal rasées, on s’attendrait presque à en voir émerger le visage de quelque jeunes filles en goguette un dimanche après-midi sur les bords de Marne.


Mais le vrombissement des 60cv du Yamaha qui propulse les 16 mètres de notre pirogue me ramène à la réalité : il est 14 heures, la température avoisine les 50 degrés et notre équipage se remet comme il peut de son périple de la veille en soignant le mal par le mal : aux 5 heures de navigation d’hier succèdent donc 7 nouvelles heures aujourd’hui.
N’étaient-ce les ralentissements dûs aux sauts, ces passages difficiles entre les rochers qui permettent de s’élever d’un bon niveau sur notre fleuve, Mane Lazard, notre piroguier, négocie avec autant de soin que d’efficacité, nous n’avons pas eu souvent encore à sauter du bateau pour le dégager.
Je ne connais pas le pourcentage de pertes admis mais nous en sommes déjà à 25%. Pascal avant-hier pour maladie d’amour et Alex ce matin pour maladie tout court.
Nous avons laissé le premier à Saint-Georges et le second à Camopi, le temps qu’il se retape. Sachant qu’il nous faudra sept autres heures demain pour atteindre Yawapa, il est bien évidemment exclu de venir rechercher notre biologiste qui devra donc attendre patiemment notre retour… dans une semaine.


Pour l’heure, tout le monde s’extasie sur les aras qui viennent de prendre leur envol à notre passage. Sauf Mane et Éric, tous deux indiens Tecko/Wayampi, plus attentifs au parcours semé d’embûches, en l’espèce des rochers que l’on voit à peine effleurer mais qui, sans leur expertise, nous auraient déjà tous précipités à l’eau, mes camarades et moi avec nos ombrelles…

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