Tanguy Stoecklé

Tanguy Stoecklé, auteur cinéaste spécialiste du monde des chauves-souris, à la croisée de la science, de l’immersion et de la création visuelle.

De crépuscules en aubes

En 1992, Tanguy Stoecklé a vingt ans lorsqu’il découvre les chauves-souris dans les profondeurs d’une ancienne carrière. Il se souvient d’un animal endormi, de ses oreilles délicates, de son museau fin, de sa fourrure soyeuse. Une rencontre silencieuse, presque fragile, qui va bouleverser sa vie.

Photographe de formation, il est déjà attiré par la lumière, les ambiances et l’exploration. Avec les chauves-souris, ces passions trouvent un terrain inattendu. Comment photographier un animal qui traverse l’obscurité sans presque jamais se laisser voir ? Comment révéler sa beauté sans troubler sa vie ? Il expérimente, invente des dispositifs, apprend à attendre. Dans le noir, il déclenche ses flashs sans savoir exactement ce qu’il découvrira au développement. Peu à peu, il apprend à voir autrement.

Cette fascination le conduit vers la recherche et la protection des chauves-souris. Dans le sud de la France, il réalise des inventaires naturalistes et cofondera le Groupe Chiroptères de Provence. En parallèle, ses reportages photographiques le mènent vers d’autres horizons : Thaïlande, Madagascar, Kenya, Mayotte, Guyane… Ses images sont publiées dans National Geographic, GEO, Terre Sauvage, Animan M le magazine du Monde et d’autres magazines. En 1999, il devient lauréat de la Fondation Marcel Bleustein-Blanchet pour la vocation.

Au fil des années, la photographie l’entraîne vers le cinéma. Toujours animé par le désir de voir ce qui échappe au regard, il développe des techniques de prise de vues infrarouges, explore le ralenti extrême et imagine de nouveaux moyens de filmer les chauves-souris au plus près de leur vie. Ses films, dont Une vie de Grand Rhinolophe et Espalungue, royaume des chauves-souris, prolongent cette recherche patiente, à la croisée de l’observation scientifique et de la création cinématographique.

Certaines expériences déplacent pourtant son regard bien au-delà de la technique. En Amazonie, seul dans la forêt, il attend la nuit, attentif aux sons, aux mouvements imperceptibles et aux présences qu’il devine plus qu’il ne les voit. La peur aiguise ses sens. À l’aube, au milieu des brumes et des premiers chants, il éprouve la forêt comme un immense ensemble vivant, où chaque être semble lié aux autres. Les chauves-souris prennent alors une autre dimension : elles ne sont plus seulement des animaux aux comportements fascinants, mais des actrices essentielles d’un monde vivant dont les équilibres nous dépassent souvent.

Après plus de trente ans de recherches, d’affûts, de voyages et de rencontres, sa fascination demeure intacte. Ce qu’il souhaite aujourd’hui, à travers ses photographies et ses films, n’est pas seulement de montrer les chauves-souris, mais de nous rapprocher d’elles. Leur donner une place dans notre imaginaire, faire sentir leur beauté, leur intelligence et la richesse de leurs relations. Et peut-être, au détour d’une image ou d’une scène, nous inviter à regarder autrement ce vivant auquel nous appartenons.

Récompenses

  • LIROU d’OR pour le film “Une vie de Grand Rhinolophe”, Festival International du Film Ornithologique de Ménigoute.
  • GIRAFE d’OR pour le film “Une vie de Grand Rhinolophe”, Festival International du Film Animalier d’Albert.
  • Lauréat du concours Wildlife Photographer of the Year pour la photo “La chauve-souris aux ailes d’or”.
  • 1er Prix “Mammifère” à Montier-en-Der pour la photo “La chauve-souris aux ailes d’or”
  • 1er Prix “Protection de la nature” pour le film “Au rythme des chauves-souris”, Festival International du Film Ornithologique de Ménigoute.
  • Lauréat de la Fondation Marcel Bleustein Blanchet pour la vocation.